1.- Auditorium / cinéma / bibliothèque

Auditorium / cinéma / bibliothèque

Voici maintenant un bref parcours des 1700 m2 intérieurs du musée, où nous avons représenté dans leurs moindres détails les espaces et les environnements de la vie quotidienne de nos ancêtres.

2.- Le tisserand

La laine. Le linlana_lino

L’amoureuse sème le lin un mois de mars pour récolter une tige effilochée. Après un processus de coups et de peignages le fil de lin passe par le métier où se tissent et s’entre-tissent les espérances d’une dot: draps et mouchoirs. Le mouton va chez le coiffeur tous les printemps et nous donne sa toison. Avec le fuseau et la quenouille un fil s’allonge chaque jour et chaque nuit pour former une pelote, comme une chrysalide. Les mains adroites de la femme ont vaincu le dur hiver et embelli le dimanche d’une chemise blanche.

La couturière modista

La petite couturière vient de son village faisant son chemin dans la vie. Une jupe imprimée, un pantalon à ourlet, une chemise à col ouvert, une robe bleue et ses deux souliers blancs. Pour la Fête-Dieu ou la Saint- Matthieu où d’autres yeux se poseront sur toi. Et la couturière qui habille les rêves reçoit quelques sous pour habiller les étroitesses de la vie en attendant qu’un fiancé vienne la délivrer.

Le cordonnierzapatero

Toi le savetier tu ravaudes avec adresse, et guéris la blessure de la pauvreté dans le cuir des souliers; tu chausses la vie pour fouler les chemins et les places où l’on danse. Le petit atelier d’un cordonnier avec son enclume, ses alênes et son marteau est le garant de nos pas.

Le fabricant d’abarkak

(sandales basques)abarquero

Les abarkak, empreintes de nos pas sur les chemins. Ce fut d’abord le cuir; quelques simples entailles laissent passer le lacet qui, tel le lierre, remonte le long des bas. Les abarkak pour souffrir dans les champs et lutter contre les fourrés; mais aussi pour que les garçons et les filles composent avec elles la joyeuse mélodie d’un jour de fête.

Le fabricant d’espadrillesalpargatero

Assis sur son banc, le fabricant d’espadrilles fait tourner le chanvre qu’il coud à la toile noire. Les espadrilles sont en réalité des ailes fragiles et douces pour danser l’aurresku. Et le travail devient musique et les couples ressentent intensément la magie de l’existence sur les pavés de la place.

3.- La bebida

Le mielLa miel

L’abeille, plus que travailleuse, fascinée par la fleur qui crie ses couleurs, effectue son interminable voyage emportant le pollen en cadeau. Et dans la chaleureuse géométrie de la ruche l’apiculteur avec ses ruses de fumée recueille le miel : pour soigner le rhume pour calmer l’enfant qui pleure sur son avenir, pour parfumer le dessert dont toi, femme aimée, tu nous régales. Et dans les murmures de la nuit la cire d’une bougie nourrit une flamme.

Le pressoir El lagar

Les grappes dégringolent dans le vieux pressoir et s’écrasent en mélangeant leur sang, de soleil, d’eau et de terre. Le moût s’enfuit vers le silence avant de mûrir en vin qui viendra sceller dans chaque verre une amitié. Vieux compagnon des fêtes qui nous pousse à transformer en liberté l’eau insipide de la loi et de la routine. La pomme elle aussi descend du balcon de la branche où elle a élaboré la douceur de sa chair et se laisse briser le cœur pour tout nous donner. Et le moût vient au monde doux, frais, doré, et nous fait communier, hommes et femmes, grands et petits dans un même partage.

4.- La maison

La fabrication des fromagesEl queso

Le bon fromage naît d’un lait tourné, caillé et pressé pour façonner son propre corps. De brebis, de vache. La nature multiplie ses dons et l’artisan prolonge les saveurs pour que chacun y trouve le courage de continuer à vivre; et dans la plus pauvre des maisons la mère brebis a régalé d’un aliment son fils berger.

La fabrication du painEl pan

Farine blutée, levure, sel et eau font le plus grand miracle de notre existence: un pain passé dans le vieux four se nourrissant de chaleur et de silence pour devenir offrande. Sanctifié par un signe de croix c’est notre aliment quotidien. Demain se lèvera un autre jour, un autre pain et un même amour de celui qui le pétrit.

La cuisineLa cocina

C’est le coeur de la famille: la lumière, la chaleur et la nourriture. Assise, là, la grand-mère qui égrène les haricots, et le petit fils qui tout fier arrive à ses genoux, la femme qui met de l’ordre dans les sentiments de chacun, l’homme qui apporte la dose nécessaire de silence, les enfants qui se battent, et s’entraînent pour le grand duel avec la vie, les prières du soir. Des chorizos et une longe y pendent, affinant leur goût. Dans la cuisine il y a des légendes et des destins qui s’imprègnent de l’amour de la terre.

Le sacrifice du cochonLa matanza

Ce mot-là ne convient pas; c’est une ruse pour faire un sacrifice. Il se plaint en vain de sa fin. Le feu purifie sa peau. Emmailloté ou reposant sous la graisse, il rend supportable la dure existence dans les rigueurs de l’hiver permettant au cycle de se renouveler.

5.- Le travail

Le menuisierEl carpintero

La graine impatiente cherche le soleil et par ses feuilles s’en imbibe. Dans cette symbiose, l’arbre offre son bois et ses veines témoins d’une vie. Le baiser des mains du menuisier le façonne en meuble ou en structure ; parfois il passe entre les mains de l’artiste pour devenir prodige d’artisanat, presque ressuscité.

Le forgeronEl herrero

Le fer est coeur d’étoiles car au feu il s’illumine. Alors la main ferme et habile du ferronnier, profitant de ce moment de lumière ou de tendresse, le façonne sur l’enclume ; il sera girouette de clocher ou barreau de fenêtre

El herradorEl herrador

Potro de herrar, ingenio que somete a la bestia. Escultura en madera noble, testigo mudo de bravuras contenidas. El herrador sujeta firmemente al animal asustado para recortar cascos y pezuñas y calzarle nuevas herraduras. El buey, perdido suelo firme, cocea sin fuerza al aire mientras le liman los cuernos arreglándole para la feria. También quirófano improvisado donde el enfermo o accidentado, sin oponer demasiada resistencia, es aliviado por el veterinario.

Le tailleur de pierresEl cantero

Coup après coup, le ciseau et le marteau, par des gestes précis la pierre brute et pesante se fait aérienne au linteau d’une fenêtre. “Que fais-tu?” demande-t-on au maître. Ce n’est pas une pierre qu’il dégrossit ; c’est un village qu’il érige. Et la dure pierre obéit fidèlement à l’idée du carrier.

6.- Le transport

Le charretierEl carretero

Aller sans se presser et revenir au rythme de la fatigue l’homme, les bœufs et la charrette ou parfois l’âne. Chargeant le grain, le bois, l’herbe, transportant le fumier… Et au chant d’une grive et au gémissement des roues se mélange le cri du guide qui invite ses animaux à garder le pas, à porter un poids et à avancer en laissant l’après-midi derrière soi.

Le vannierEl cestero

Les branches vertes du châtaigner et du noisetier plongées dans l’eau jusqu’à les rendre dociles. Une fois ouvertes naissent les lamelles. Sur le banc le vannier les dégrossit. Adroitement tissées surgissent des paniers aux mille usages. Et le vannier reste toujours un poète des choses.

7.- La moisson

La moissonLa cosecha

(le blé, l’herbe) Le soir venu ils regardent le ciel avec inquiétude: “Que Dieu nous épargne l’orage c’te nuit”. Et le matin très tôt, le soleil dorant l’épi, toute la maisonnée met la main à la tâche de faucher, lier les gerbes, les charrier jusqu’à l’aire… Souvent c’est le travail en commun: d’abord ce qui est à vous, ensuite ce qui est à nous… jusqu’à ce que la farine sorte du moulin et l’herbe sèche attende l’hiver dans le grenier.

8.- L’agriculteur

L’agriculteurLa agricultura

C’est le premier qui a fait de la culture une culture labourant la terre offerte comme une épouse. Le haricot, le blé enterrés dans le sillon deviennent multitude, au lendemain. Guide de boeufs et de charrues, tu fécondes la terre argileuse pour apporter le pain blanc sur la table pour enfin devenir toi-même la semence et les semailles.

Les outilsLos aperos

La terre a donné le fruit d’une femme courtisée. La terre, caressée par les charrues, peignée par la herse, le râteau, la herse à disques, où germent le blé, le haricot, le maïs, le piment, la pomme de terre, l’oignon, lourde de soins, a été généreuse. On l’a appelée Ama Lur. Nous pouvons dire aussi Terre, épouse de l’homme et de sa charrue.

9.- L’étable

Létable. La ferme. Le poulaillerLa cuadra

Dans la maison du maître, formant une grande famille, se chauffant les hivers durant, mélangeant leurs déchets, partageant les restes du dîner, il y a les poules, et les poussins grandissent sous le banc de grand-mère, les chats maraudent dans les chambres, le cochon engraisse chaque jour et fait des porcelets, les vaches et les bœufs, le nid d’hirondelles sous l’avant-toit, la belette tapie dans l’ombre, les moineaux picorent à l’entrée et les enfants jouent avec le chien. Combien de membres dans une famille? Qui nourrit qui?